Galliana Langue pendue

Age : 20 Inscrit le : 30 Juin 2008 Messages : 173
| Sujet: A vous Lun 30 Juin - 1:47 | |
| A vous,
A toi, que je n’ai guère connu et que le cancer emporta lors même que je n’avais pas deux ans. Tu avais su insuffler l’amour et la dignité à mon oncle et ma mère, tes deux enfants. Tu avais une affection sans limite pour le bébé que j’étais, moi, ta petite-fille qui fut baptisée parce que c’était ton dernier désir. Je n’ai pas de souvenirs de ton visage, si ce n’est celui de cette photo, aperçue une fois dans un cadre. Tu avais l’air sérieux, peut-être un peu sévère, mais en tout cas protecteur et aimant. Moi, petite coquine que j’étais, j’aimais te jouer des tours, comme cette fois où, par un miracle quelconque, j’étais sortie du parc où tu m’avais mise afin de faire la cuisine tranquillement. C’est le chat que tu avais vu à ma place lorsque, baissant la tête à l’entente d’un petit gazouillis, tu m’avais aperçu, toute rieuse à tes pieds.
A toi aussi, ma chère mamie-chat, que le cancer emporta aussi, il y a quelques années de cela, en 2002. Il y avait entre toi et moi un immense lien qui perdure encore par-delà la mort. J’aimais parler avec toi, de la guerre, mais aussi de toutes ces petites choses qui font que l’on aime à sourire chaque jour. Tu étais toujours là lorsque j’avais besoin de te voir ou de te parler et n’hésiter pas à te dresser face à mes parents lorsque ceux-ci se montrer trop sévères à ton goût. Ton cancer, tu l’as combattu pendant six ans, sans relâche, survivant même à une de ses violentes attaques, survenues pendant les fêtes de fin d’année, en 2001. Tu ne nous reconnaissais plus, tu voyais en nous ces soldats allemands qui t’avaient effrayés durant ta jeunesse. Parfois même, tu devenais méchante, mais nous ne t’en voulions jamais. C’était ta maladie qui parlait, pas toi. Tu es partie pendant une nuit d’octobre, dans cet hôpital sur lequel je ne veux plus poser les yeux désormais. Tu étais sereine lorsque la fâcheuse vint te prendre. Peut-être étais-tu soulagée de ne plus avoir à lutter et de retrouver enfin, celui qu’elle t’avait pris, treize années auparavant.
A toi, mon cher papa, qui est parti il y a moins d’un an, emporté par une fissure de l’aorte. Je peine encore à parler de toi sans verser une larme. Tu es parti si brusquement, en cette nuit du 25 juillet. Personne ne s’y attendait, personne n’a encore compris réellement ce qui c’était passé. Mais es-tu vraiment parti finalement ? Quelque fois, il me semble te voir, assis à ton bureau, ou devant la télévision et lorsque j’entends rentrer la voiture sur les coups de 19h, c’est toi que j’attends à voir passer par la porte. Je sais que tu n’es plus, lorsque je passe par le cimetière et que je vois ton nom sur ce marbre toujours fleuri. Parfois, je te parle encore, lorsque le sommeil m’a emporté et que je rêve doucement. Tu me parles de Là-Haut, de ce qu’il s’y passe, pour rassurer les craintes que j’en ai depuis tant d’années déjà. Je ne sais trop que dire d’autres, tant la nouvelle de ton départ est encore dure dans ma mémoire. On dit que le temps guérit les maux…pourra-t-il vraiment guérir un jour celui-là ?
Enfin, à tout ceux que j’ai guère connu et qui, pourtant ne sont plus. A Steve, Alain deux personnes que je ne connaissais que de vue. A toi, cette jumelle que j’aurais pu avoir mais qui n’a pu cohabiter avec moi dans le ventre de ma mère.
A vous _________________ Le Bien et le Mal sont amants
Qu'importe que le vent hurle, la montagne jamais ne ploît devant lui
Personne n'est infaillible
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L'O RÂ Langue pendue

Age : 27 Inscrit le : 30 Mai 2008 Messages : 281 Localisation : PARIS
| Sujet: Re: A vous Mar 1 Juil - 11:21 | |
| c trés touchant galliana, je ressens aisément une grande sensibilité, et C une grande qualité toute a ton honneur.
Effectivement la mort est bien présente dans nos vie, il faut malheureusement cohabité avec elle et un jour notre tour viendra, alors vivons, sourions, rions, aimons  |
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Galliana Langue pendue

Age : 20 Inscrit le : 30 Juin 2008 Messages : 173
| Sujet: Re: A vous Dim 6 Juil - 0:17 | |
| Merci beaucoup l'O Râ
J'essaye de vivre avec ça au quotidien, et même si parfois c'est difficile, je fais de mon mieux pour vivre, aimer, sourire et rire. Mine de rien, ce genre d'expériences très dures, ont au moins le mérite de nous apprendre à voir les choses en face et à relativiser...à mûrir en d'autres termes, tout en gardant les yeux de l'enfance. _________________ Le Bien et le Mal sont amants
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