Tu n'étais pas ma mère et pourtant, j'aurai aimé que ce soit toi m'élève car tu portais tellement d'amour en toi et de lumière que j'étais fasciné par la beauté de ton âme.
Tu observais tout et tu m'offrais des choses dont j'avais besoin.
Tu me souriais, parlais avec moi comme si nous nous connaissions depuis de nombreuses années mais cela ne faisait que peu de temps pourtant que j'étais dans ta vie. Et toi dans la mienne.
Je me souviens qu'à chaque fois que je partais de chez toi, tu me disais "au revoir" de la main en souriant jusqu'à ce que nous ne voyions plus.
Et je me souviens de la dernière fois où tu as fait ce geste. Tu étais à l'hôpital et ils tentaient en vain de soigner ce cancer qui te rongeait.
Je me rappelle du jour où ils t'avaient donné le diagnostic.
Tu t'étais exclamée: Pas maintenant, c'est trop tôt !
J'ai pleuré parce que je me disais que tu étais condamné et puis j'ai repris confiance, me disant que de nos jours on soigne mieux les cancers.
Je me souviens de tes projets. Tu voulais t'occuper d'enfants à ta retraite.
Tu as travaillé toute ta vie pour assurer le bonheur à ta famille. Tu soutenais ton mari et lui faisais découvrir le monde.
A tes côtés, il vivait et vous étiez en harmonie.
Ton plus jeune fils entrait dans la vingtaine et tu as protégé ta famille de tes peurs, de ta souffrance face à ce terrible cancer.
Je me souviens de ce que tu aimais et de nos échanges.
Il y avait quelque chose qui me rapprochait de toi mais c'était la magie qu'il y avait en toi qui poussait tous ceux qui te croisaient à t'aimer parce que tu portais une telle lumière en toi.
Tu as caché ta souffrance jusqu'au bout pour protéger ceux que tu aimais et je ne sais pas si je serai capable, moi aussi, de protéger ceux que j'aime comme toi tu le fais.
Cela fait depuis le 19 octobre 2007 que tu es morte. Morte dans de terribles souffrances et je trouvais cruelle la vie de t'imposer une telle mort !
Et j'ai encore du mal à me dire que tu n'es plus là.
Quand j'avais été à l'île de la Réunion, je pensais à toi. Je me disais que j'aurai pu t'apporter un cadeau, cette vanille fraîche qu'on vendait sur ces étales ou des épices...
Quand tu es morte, une petite fille a dit: pourquoi ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier ?
En fait, j'ai mal parce que je sais qu'il y a mille choses que je ne pourrai pas partager avec toi maintenant.
Chaque être humain est unique.
Je t'aime.