Salut !
Je vous propose de lire le texte qui suit et de me dire votre ressenti...
Le petit mendiant et l'ange de la miséricorde
Un enfant s'avança en haillon, implorant la charité des passants, dans une rue populeuse d'une grande ville bourgeoise. Autour de lui, les sabots des chevaux claquaient contre les pavés et les citadins pressés marchaient d'un pas rapide vers leurs activités. Les affaires, le commerce occupaient leur esprit et ne voyaient pas le pauvre orphelin tendant sa main sale en quête d'une obole qui lui aurait permis d'acheter une miche de pain. En attendant le secours d'une personne généreuse, il ne pouvait que ramasser les miettes de pain rassi que les ménagères jetaient de leurs fenêtres pour nourrir les moineaux. La nuit venu, grelottant de froid, couché sous l'ombre d'un bosquet, en n'ayant pour lit que les pierres ou la verdure, son petit cœur se réchauffait à l'idée qu'un jour il reverrait sa maman qui lui tendrait les bras et l'embrasserait sur le front. Mais ces douces pensées s'interrompaient par la sensation de faim qui lui tenaillait douloureusement le ventre. Ainsi la réalité brusquement lui rappelait sa cruelle situation. Il était seul, orphelin, sans toit ni argent pour se nourrir. Alors des pleurs amères coulaient sous sa figure ronde d'enfant, mais que les plus dures conditions avaient fait prématurément grandir. Son regard ne reflétait plus la joie et l'innocence enfantine mais une profonde mélancolie qui ne s'observe pas à son âge.
C'est alors que lui parut l'ange de la miséricorde. Une lumière éblouissante était apparue comme lorsqu'un nuage noir laisse apparaître brutalement la lumière du soleil. Une silhouette peu à peu se distingua de cette éclatante lumière qui nimbait sa figure empreinte d'un infini amour.
Il reconnut dans son for intérieur que cette figure était celle de sa maman qu'il n'avait jamais connu et à laquelle il avait si souvent penser. Il émanait de cette figure angélique un tel amour et une telle affection maternelle que son identité ne pouvait laisser le moindre doute. Son cœur fut rempli d'une émotion si intense qu'il s'agenouilla et pleura cette fois de bonheur.
« Mon cher enfant je t'aime tant, je ne t'ai jamais abandonné, j'ai accompagné tes pas jusqu'à maintenant, sollicitant le cœur généreux des âmes bonnes pour qu'ils te protègent et te nourrissent, veillant sur toi pour écarter les dangers de ton dur chemin. Quand tu tendais ta main pour implorer la charité, c'est moi, ange de Dieu, qui tendait ma main. C'est moi qui parlait aux bons sentiments de ceux que tu croisait pour implorer leur pitié. La pièce qu'il te donnait est une pièce dans la bourse de Dieu qui leur redonnera quand ils construiront leur demeure de l'autre-coté. Mon fils, tu es ici pour exciter leur bonté, tu mènes une dure mission de pauvreté et d'abnégation pour autrui. La vraie richesse est spirituelle, tu seras leur architecte pour leur propre maison de l'autre coté. Je ne t'abandonnerai jamais mon fils, je veille sur toi. Bientôt je t'accueillerai à mes côtés et nous ne seront plus jamais séparés. Je t'aime. »
Sa voix s'éteignit comme un écho en même temps que la lumière qui disparaissait peu à peu par degré. Le petit garçon n'eût pas la force de parler et pleura encore. Mais une main invisible lui sécha les larmes de ses yeux rougis et de ses paupières brûlantes. L'enfant réconforté ne sentit plus la faim cette nuit là et dormit comme un bel ange plein de grâces. Il vécut ses journées de misère avec résignation, remerciant et bénissant les mains charitables qui l'aidaient à survivre. Puis un jour la pauvreté, le manque de soins et la malnutrition joints à une santé fragile, eurent raison de sa vie courte et difficile. Il rejoignit sa mère, sa protectrice durant sa pénible existence, dans un transport incommensurable de joie. Il fut récompensé de toutes ses souffrances et vécut dans un bonheur tel que nul bonheur sur terre ne pourrait lui être comparé.