Adonesis Bavard
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| Sujet: Jeanne d'Arc et les voix paranormales : 1 ère partie : Sam 10 Nov - 17:57 | |
| * * * * * * * JEANNE D'ARC ET LES VOIX PARANORMALES :
JEAN BEAUPÈRE. - Entendez-vous souvent cette voix ? JEANNE : " II n'est jour que je ne l'entende, et même j'en ai bien besoin." JEANNE : " Je voudrais que chacun l'entendît aussi bien comme moi. " JEANNE : "J'ai une plus grande peur de faillir, en disant quelque chose qui déplaise à ces voix que je n'en ai de vous répondre. " JEAN BEAUPÈRE. - Avez-vous vu saint Michel et les anges corporellement et réellement ? JEANNE : " Je les vis de mes yeux corporels, aussi bien que je vous vois. Et quand ils se partaient de moi, je pleurais ; et j'eusse bien voulu qu'ils m'emportassent avec eux. " L'ÉVÊQUE. - Croyez-vous que saint Michel et saint Gabriel ont des têtes naturelles ? JEANNE : "Je les ai vus de mes yeux, et crois que ce sont eux, aussi fermement que Dieu est."
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* * * * * * * PROCES DE JEANNE D'ARC : en 1431 :
Tous les extrait présentés ici concernant le procès et le témoignage de Jeanne d'Arc ont été édités par Jules Quicherat ; le Procès de condamnation a été réédité de la manière la plus remarquable par Pierre Champion.
Ce ne sont que quelques dizaines de réponses de Jeanne d'Arc à propos des voix qu'elle AFFIRMAIT entendre, mais dans son procès, il y eut beaucoup plus de questions-réponses à propos de ces voix, car ici ne figure qu'une toute petite partie seulement.
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Jeudi 22 février 1431, dans la chapelle royale du château de Rouen :
JEAN BEAUPÈRE. - Quand avez-vous commencé à ouïr ce que vous nommez vos voix ? JEANNE. - Quand j'eus l'âge de treize ans, j'eus une voix de Dieu pour m'aider à me gouverner. Et la première fois, j'eus grand'peur. Et vint cette voix environ l'heure de midi, au temps de l'été, dans le jardin de mon père. Je n'avais pas jeûné la veille. J'ouïs la voix du côté droit vers l'église, et rarement je l'ouïs sans clarté. En vérité il y a clarté du côté où la voix est ouïe, il y a là communément une grande clarté. Quand je vins en France, souvent j'entendais cette voix. JEAN BEAUPÈRE. - Comment voyez-vous la clarté que vous dites quand cette clarté est sur le côté ? JEANNE - Si j'étais dans un bois, j'entendrais bien la voix venant à moi.
UN ASSESSEUR. - Sous quelle forme cette voix vous est-elle apparue ? JEANNE. - Vous n'aurez pas cela de moi, cette fois. Cette voix me disait, deux ou trois fois la semaine, qu'il fallait que je partisse et que je vinsse en France, et que mon père ne sût rien de mon départ. La voix me disait de venir en France, et je ne pouvais plus durer où j'étais. Cette voix me disait encore que je lèverais le siège mis devant la cité d'Orléans. Elle me dit en outre d'aller à Robert de Baudricourt, dans la ville de Vaucouleurs, et qu'il me baillerait des gens pour aller avec moi. Et alors je répondis que j'étais une pauvre fille qui ne savait monter à cheval ni mener la guerre. J'allai chez un mien oncle, et lui dis que je voulais demeurer quelque menu temps chez lui. Et j'y demeurai environ huit jours. Et je dis alors à mon oncle qu'il fallait que j'allasse en ladite ville de Vaucouleurs. Et mon oncle lui-même m'y mena. Quand je fus venue en ladite ville de Vaucouleurs, je reconnus Robert de Baudricourt encore que je ne l'eusse jamais vu auparavant. Je reconnus par cette voix ledit Robert, car la voix m'avait dit que c'était lui. Et je dis à Robert qu'il fallait que je vinsse en France. Robert par deux fois me repoussa et me refusa, et la tierce, il me reçut et me bailla des hommes. La voix m'avait dit ce qui arriverait.
JEAN BEAUPÈRE. - Comment était cette voix ? JEANNE. - II me semblait que c'était une digne voix, et je crois que cette voix était envoyée de par de Dieu. Lorsque j'eus ouï par trois fois cette voix, je connus que c'était la voix d'un ange. Cette voix m'a toujours bien gardée, et je comprenais bien cette voix. JEAN BEAUPÈRE. - Quel enseignement vous donnait cette voix pour le salut de votre âme ? JEANNE. - Elle m'enseigna à me bien conduire, à fréquenter l'église. Elle me dit qu'il était nécessaire que je vinsse en France.
JEAN BEAUPÈRE. - Votre Roi eut-il des révélations ? JEANNE. - Avant que mon Roi me mît à l'œuvre, il eut plusieurs apparitions et belles révélations. JEAN BEAUPÈRE. - Quelles apparitions et révélations eut votre Roi ? JEANNE. - Je ne vous le dirai point. Vous n'aurez pas encore réponse. Mais envoyez vers le Roi, et il vous le dira. JEAN BEAUPÈRE. - Pourquoi votre Roi vous a-t-il reçue ? JEANNE. - La voix m'avait promis que mon Roi me recevrait assez tôt après que je serais venue vers lui. Mon Roi et plusieurs autres ouïrent et virent les voix qui venaient à moi. Il y avait présents Charles de Bourbon, et deux ou trois autres. JEAN BEAUPÈRE. - Entendez-vous souvent cette voix ? JEANNE. - II n'est jour que je ne l'entende, et même j'en ai bien besoin.
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Samedi 24 février 1431 :
JEAN BEAUPÈRE. - Depuis quelle heure avez-vous entendu la voix qui vient à vous ? JEANNE. - Je l'ai ouïe hier et aujourd'hui. JEAN BEAUPÈRE. - À quelle heure, hier, avez-vous ouï cette voix ? JEANNE. - Je l'aie ouïe trois fois, ce jour-là : une fois au matin, une fois à vêpres, et la troisième fois comme on sonnait pour l'Ave Maria du soir. Et je l'ouïs plus souvent que je ne le dis.
JEAN BEAUPÈRE. - La voix vient-elle de Dieu ? JEANNE. - Je crois fermement, aussi fermement que je crois en la foi chrétienne et que Dieu nous racheta des peines d'enfer, que cette voix vient de Dieu et par son ordre. JEAN BEAUPÈRE. - Cette voix, que vous dites vous apparaître, est-elle un ange, ou vient-elle de Dieu immédiatement ? ou est-ce la voix d'un saint ou d'une sainte ? JEANNE. - Cette voix vient de par Dieu. Et je crois que je ne vous dit pas pleinement ce que je sais. J'ai une plus grande peur de faillir, en disant quelque chose qui déplaise à ces voix que je n'en ai de vous répondre. Et quant à cette question, je vous prie de me donner un délai. L'ÉVÊQUË. - Croyez-vous qu'il déplaise à Dieu qu'on dise vérité ? JEANNE. - Les voix m'ont dit de dire certaines choses au Roi et non à vous. Cette nuit même, la voix m'a dit moult de choses pour le bien de mon Roi, que je voudrais qu'il sût dès maintenant, dussé-je ne pas boire de vin jusqu'à Pâques. Car il en serait plus aise à dîner. JEAN BEAUPÈRE. - Ne pouvez-vous tant faire auprès de cette voix qu'elle veuille obéir et porter cette nouvelle à votre Roi ? JEANNE. - Je ne sais si la voix voudrait obéir, fors si c'était la volonté de Dieu et si Dieu y consentait. Mais s'il plaisait à Dieu, il pourrait bien faire révéler à mon Roi. Et de cela, je serais bien contente. JEAN BEAUPÈRE. - Pourquoi cette voix ne parle-t-elle pas avec votre Roi comme elle faisait quand vous étiez en sa présence ? JEANNE. - Je ne sais si c'est la volonté de Dieu. N'était la grâce de Dieu, je ne saurais rien faire.
JEAN BEAUPÈRE. - En ces deux derniers jours où vous avez entendu les voix, est-il venu quelque clarté ? JEANNE. - Au nom de la voix vient la clarté.
JEAN BEAUPÈRE. - Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu? JEANNE. - Si je n'y suis, Dieu m'y mette ; et si j'y suis, Dieu m'y tienne. Je serais la plus dolente du monde si je savais n'être pas en la grâce de Dieu. Et, si j'étais en péché, je crois que la voix ne viendrait pas à moi. Et je voudrais que chacun l'entendît aussi bien comme moi. JEAN BEAUPÈRE. - Quel âge aviez-vous quand vous l'entendîtes pour la première fois ? JEANNE. - Je tiens que j'étais en l'âge de treize ans quand la voix me vint la première fois
JEAN BEAUPÈRE. - Hier au matin, que faisiez-vous, quand cette voix est venue à vous ? JEANNE. - Je dormais, et la voix m'a réveillée. JEAN BEAUPÈRE. - Vous a-t-elle éveillée en vous touchant les bras ? JEANNE. - J'ai été éveillée par la voix, sans toucher. JEAN BEAUPÈRE. - La voix était-elle dans votre chambre ? JEANNE. - Non, que je sache, mais elle était dans le château. JEAN BEAUPÈRE. - Avez-vous remercié cette voix ! et avez-vous fléchi les genoux ? JEANNE. - Je l'ai remerciée, mais en m'asseyant en mon lit, et j'ai joint les mains. Et ce fut après l'avoir requise de prêter conseil. Sur quoi elle me dit de répondre hardiment. JEAN BEAUPÈRE. - Que vous dit la voix quand vous fûtes éveillée ? JEANNE. - Je lui demandai conseil sur ce que je devais répondre, lui disant de demander conseil sur cela à Notre-Seigneur. Et la voix me dit que je réponde hardiment et que Dieu me conforterait. JEAN BEAUPÈRE. - La voix vous a-t-elle dit quelques paroles avant d'être requise par vous ? JEANNE. - La voix me dit quelques paroles, mais je ne les compris toutes. Toutefois, quand je fus éveillée du sommeil, la voix me dit de répondre hardiment. (À l'évêque) Vous dites que vous êtes mon juge. Avisez-vous de ce que vous faites, car, en vérité, je suis envoyée de par Dieu, et vous vous mettez en grand danger. JEAN BEAUPÈRE. - Cette voix a-t-elle quelquefois varié ses conseils ? JEANNE. - Oncques ne l'ai trouvée en deux langages contraires. Cette nuit, je l'ai entendue me dire de répondre hardiment.
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Fin de la première partie : A SUIVRE : |
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